Historique de l’évangile selon Luc

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L’évangile selon Luc a donc pour auteur Luc (médecin, compagnon de saint Paul et, selon la rumeur, peintre). Il n’a pas connu lui-même le Christ durant son ministère public. Il a également rédigé les Actes des apôtres, qui sont en quelque sorte la suite de son évangile.

Les deux livres sont pareillement dédiés à Théophile (un personnage réel ou bien une figure fictive, celle de « l’ami de Dieu », « théo-phile »). Les deux ouvrages ont été rédigés probablement dans les années 60, avant la destruction du Temple en 70 et avant le martyre des apôtres Pierre et Paul à Rome en 64 ou 67. Cette rédaction intervient donc trente ou quarante ans après la fin de la vie terrestre de Jésus. Une des grandes spécificités de cet évangile, c’est que son auteur aurait écrit un texte « pour les païens », autrement dit pour tous les peuples que fréquentent les juifs mais qui ne possèdent pas, naturellement, la culture religieuse d’Israël, en particulier au niveau de l’attente d’un messie, d’un sauveur. Nous parlons là des grecs, des phéniciens, des Egyptiens, d’une multitude de petites nations et même des puissants romains. Selon les sources, Luc est d’ailleurs lui-même considéré comme un syrien d’Antioche ou plus souvent comme un grec. Un des textes les plus célèbres parlant de lui provient d’une figure de l’Eglise qui nous est souvent familière, peut-être parce-que géographiquement assez proche du Jura : il s’agit de saint Irénée de Lyon, qui note vers l’année 180 : « De son côté Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l’Evangile que prêchait celui-ci. » Avec cette citation, on en profitera pour remarquer que Luc s’est directement inspiré de Paul. On sait que les deux hommes sont des proches et qu’ils voyagèrent probablement ensemble. Paul fait référence à Luc en Colossiens 4, 14 où il l’appelle « le cher médecin » comme nous l’avons entendu en tout début de ce partage avec vous. De même dans l’épître à Philémon 24 où Luc se trouve en compagnie de Marc, pendant la première captivité romaine de Paul, et aussi dans la deuxième à Timothée 4, 11 où il est mentionné : « Seul Luc est avec moi. »


L’évangile de Luc est le plus grec des quatre évangiles. S'adressant à des lecteurs peu informés des traditions particulières d'Israël, il montre un constant souci d'être clair et d'expliquer ce qui pourrait leur paraître étrange, infondé, sans lien avec leur vie. Pour l'homme d'aujourd'hui, c'est sans doute l'évangile le plus accessible. En suivant le récit pas à pas, le lecteur y découvre le Sauveur de tous les hommes. Nous allons essayer ensemble d’en savoir un peu plus sur cet évangile.